Sunday, October 26, 2008

Je dis: Désir!


Cher Journal,

Il y a des jours comme ça, vides, assombris, grisonnants, durant lesquels la seule envie qui puisse s’emparer de moi est de me jeter corps et âme dans les abimes d’un livre.
Je lis « la bête qui meurt » de Philip Roth et je suis insurgée. D’abord contre moi-même car je n’ai jamais pu être une bête, une belle bête qui puisse ébranler les certitudes d’un homme, encore moins d’un sexagénaire.
Ensuite je m’insurge contre les sexagénaires vicieux dont la seule vue de nichons généreux leur fait perdre des années cumulées de sagesse et d’expérience.
Il se fait que par les temps qui courent, je m’imagine souvent accrochée aux bras d’un vieux qui seul pourrait canaliser mon excès de zèle et mon ardeur naturelle. Car, vois-tu, les hommes, les jeunes du moins, sont plus enclins à voir en moi un objet dont la possession est nécessaire mais non suffisante. Ils se complaignent tous, ou presque, à me sortir leur grand jeu de séduction pour obtenir une nuit dans mes bras, et dès qu’ils l’ont leur nuit, ils deviennent ingrats, rustres. Ils ont presque tendance à oublier qu’une femme, moi en l’occurrence et je me plais à croire que celles de mon espèce restent cependant rares, puisse non pas offrir, mais seulement demander, exiger et désirer une nuit d’un homme, sans pour autant verser dans le port de masques incongrus, factices, superficiels, dont usent ces même hommes à satiété.
Au risque de me faire prendre pour une fille de joie, je le suis certainement mais autrement puisque ce que je cherche dans la compagnie d’un homme n’est autre que le plaisir, la joie du plaisir intense, je ne me fais jamais prier pour aller dans le lit d’un homme qui me plaise vraiment. Un regard, un sourire, une simple moue spontanée sur un visage distrait peuvent me faire chavirer. La comédie, elle, je l’abhorre, mais alors incommensurablement !
Cher journal, si je m’éteints avant de trouver l’homme qui puisse enfin comprendre qu’une femme ne cherche pas nécessairement un homme pour l’épouser et le ligoter à vie, mais qu’il se pourrait qu’elle ait également des envies en chair et en cœurs, alors je te laisse ce legs pour la prospérité, fais en bon usage et transmet à tous ces malotrus imbues de leur bout de muscle en plus. Une femme c’est un Homme qui vit aussi pour et par le désir !

1 comment:

Fedwa said...

cher maha cette confession intime est d'une sincérité touchante... je te verrais bien nous expliquer ça à houda à moi autour d'un pot, la théorie de la femme Homme :))