Friday, October 3, 2008

Cher Journal, aujourd'hui tu as mon secret



Cher Journal,

Il est temps, enfin, de noircir les pages blanches de mon existence vaporeuse avec les maux de mon cœur abusé. Je note ici et maintenant ce que j’ai longtemps peiné à te conter, toi le fidèle compagnon aphasique et soumis de mes nuits blanches assombries.
De la vie je n’ai toujours retenu que le meilleur, reléguant le pire aux aléas de la mémoire ou le soumettant à cette loi aveugle de l’omerta, qui à satiété, pèse sur ma conscience endolorie.
Du bonheur, je n’ai gardé que la joie ponctuelle d’un moment de félicité, renvoyant les souvenirs à leur âtre de paix, dans les méandres de ma mémoire établit.
De la douleur, j’ai toujours fais fi et rigolé et ri !
De mon cœur j’ai joué et de ce corps périssable et beau, gracieux et fascinant, attrayant et lascif, j’ai longtemps enflammé les cœurs et les corps insoumis.
Et ici, maintenant, je mets une fin à cette course effrénée, à cette quête sans fin des plaisirs interdits pour une trêve, d’un jour, d’une heure, d’un instant de confidence, pour te narrer les romans inachevées et les navets sournois, de cette vie que je fais mienne, que je choisi au gré de mon humeur et soumet à la volonté de mon humour. Humour perfide, humeur balançant entre lune et croissant !
Cher Journal, fais de l’indulgence ton arme et ton armure. Acceptes sans superbe d’être le seul confident et l’unique recours, de ce secret que je te livre inconsciente, car si aujourd’hui tu es l’élu du destin, demain peut être, sans crier gare, mon humeur, vacillant entre la charité et le dédain, pourrait t’infliger le sevrage inopiné.
Et toi, Ô toi intrépide lecteur cheminant par mégarde vers ce gouffre de secrets inouïs, tiens-toi prêt à passer ton chemin en silence et à noyer ton cri insurgé dans l’anonymat des morts ou le silence de la foule !

2 comments:

Farid said...

Un corps périssable et beau, gracieux et fascinant, attrayant et lascif, ben dis donc, mademoiselle est vraiment la modestie en personne. Bravo Maha. Mais alors montrez au farid que je suis de quel bois vous chauffez vous, et reveillez en moi mes plus vieux fantasmes/complexes

Maha said...

Mon cher Farid, il se fait que je n'aime ni fausse modestie, ni défis. Te chauffer au bois même de tes fantasmes et complexes est une requête qui, j'en suis désolée, ne trouve place dans mon agenda.
Par contre, merci pour les comments ;)