Sunday, October 5, 2008

Une photo



Flamenco III - Fabian Perez


Cher Journal,

Ceci est une journée banale dans une vie des plus anodines. Elle a tout de même un charme insoupçonné. J’ai découvert au fin fond d’un placard dégarni une des photos veillottes de mon heureuse enfance. J’y figurais entourée de mon frère ainé et d’une cousine éloignée dont je ne me rappelais même pas l’existence. J’étais grassouillette, joues roses, cheveux en stresses et définitivement les prémices d’un joli minois.
Mon frère avait cet air sérieux de celui qui devait donner l’exemple. De son vivant il avait toujours donné l’exemple …mais pas au moment de sa mort. Il roulait trop vite !
La cousine, quant à elle, était une petite môme, morveuse certes, mais quelconque.
Mais sur la photo, ce qui me poinçonna était la maison en arrière plan. Celle de feu mon grand-père. J’abhorre cette demeure !
Une cohorte de mauvais souvenirs s’est imposée à mon esprit encore engourdi en cette morne matinée dominicale d’octobre. Les vacances caduques à jouer sur la plage en construisant des châteaux de sables tantôt emportés par les vagues. Les repas familiaux sur fond de discussions politiques acerbes. Les nuits d’insomnie- pour une fillette de six ans ingurgitant à s’en gaver des tisanes de grand-mère ce fut une première- dans une chambre truffée de gamins ronflant à tue tête. Les jeux assommants et les discussions barbantes faisaient foi et me donnaient un mal fou aux intestins.
Il eut néanmoins ce chaton que j’avais découvert une nuit dans l’obscurité du jardin. Miaulant à en donner des frissons, il était minuscule, chétif, transi, une pauvre créature. J’avais cru bon le mettre au four pour le réchauffer. Le pauvre y laissa ces doux poils châtains…
Cher Journal, je n’aime pas les souvenirs des photos d’enfance, ils n’apportent rien à mon quotidien si ce n’est le regret des années qui défilent…

5 comments:

Anonymous said...

Maha, pour tenter de te dédommager des moments de torture éprouvés durant ta si sincère visite, pour te remercier d'avoir épargné ce pauvre chat d'une fin ardente, je te livrerais le 08 au matin un billet intitulé "A rat qui rit, chat qui pleure". Un autre "secret latent" sorti de mon escarcelle... En espérant que ce ne sera pas un nouvel échec, sinon je me fais harakiri....
Comme je n'ai pas encore guéri ma bargagmania, je reviendrais souvent ici savourer tes livraisons !

"The guYug"

Farid said...

au début t'as dit qu'il s'agissait d'une enfance heureuse et gaie, et petit à petit tu parle de souvenirs amers(la cousine morveuse, le pauvre chat brulé..., c'est quoi ce delire a lalla Maha

Maha said...

Ah quel bonheur de te lire Yugurta! Et surtout de tout comprendre! :)
Merci mon Dieu d'avoir entendu mes prières, il se fait enfin comprendre...
J'attend ton billet avec impatience, pourvu qu'il utilise les mots qui figurent dans mon vocabulaire :)

Cher Farid, j'ai le droit d'être schizo, contradictoire et ingrate envers mon heureuse enfance...puisque je l'assume!
Qui dit mieux? :)

Maha said...

Farid, j'ai oubluié quelque chose (c'est du à la présence de Yugurta qui ne cesse de me faire tourner la tête!)...pour le 'heureuse' en français dans le texte, il se fait aussi que je suis adepte d'auto-dérision (et ça aussi je l'assume ;))

Farid said...

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