Saturday, October 4, 2008

Les amours de jeunesse



Cher Journal,

Tu ne pourrais, comme si tu pouvais pouvoir, imaginer ce qui m’est arrivé aujourd’hui !
J’ai revu Houssam, le nonchalant, l’intriguant, l’anti-magnifique. Il est toujours aussi mou. Une parfaite incarnation de la bêtise humaine, ou de l’ingéniosité animale. Je suis tombée dans ses bras feignant d’avoir retrouvé un amour des plus saisissants. Il avait toujours besoin qu’on lui redonne confiance en lui, et comme parfois se manifestent en moi des sentiments philanthropiques, je n’ai pas hésité à lui insuffler de l’auto-estime.
Il halait derrière lui une chienne, une race raffinée selon ses dires, mais qui était trop laide à mon gout, une coquine lésée par mère nature et par le destin qui la mit sur le chemin de ce cher compère. J’en eu de la peine pour elle.
Tu me connais, souvent ma charité va vers les plus dénantis.
Ce cher Houssam jugeât bon de me retenir une demi-heure pour me raconter, dans un flux indélébile, les péripéties de sa vie insignifiante. Mon magasin de chaussures fermé, je me résignasse à mon sort infortuné et continu à le considérer avec un regard narquois et un sourire composé. Il cru m’impressionner, le malheureux, et se lança de plus belle dans l’énumération des intrigues et commérages dont il était victime ou initiateur.
Je devrais me façonner une nouvelle frimousse pour ce genre de situations, moins aguichante en tout cas. Ce soir je m’exerce devant ma glace.
Il partit avec beaucoup de regrets quand, exacerbée mais amiable, je lui signifiais que mon dentiste m’attend, que le garagiste s’impatiente, que la femme de ménage devait me remettre les clés et toucher son du et que je devais le quitter prématurément mais allais l’appeler sans faute, très bientôt…
Ce pauvre goujat est attendrissant de candeur.
Cher Journal, j’ai découvert en rencontrant Houssam, que les amours de jeunesse sont d’adorables comédies, tout ce qu’il faut pour se sentir, une fois vieux, plus intelligent...

2 comments:

Farid said...

le cas de ce malheureux houssam est vraiment navrant, mais le tien l'est encore plus ma chère Maha, que vous vient en aide comme même. Mais pour les amours de jeunesse, on ne se sent pas plus intelligent, mais juste moins stupide, car on ne sait jamais de quoi notre avenir sera fait Hèèèlas

Maha said...

Pour les amours de jeunesse, tu parles pour toi n'est ce pas? :)
Oui, je le concède, notre cas à ce cher Houssan et à moi est vraiment navrant, surtout moi qui n'ai pu acheter ces chaussures!