Wednesday, October 15, 2008

Le temps des amours mortes


Cher Journal,

Ne m’en veux point pour cette absence. Retrouve moi les bras ouverts comme à ton accoutumé, car d’amis je n’en ai plus, que toi et quelques autres rencontre jaillissant de mon passé lointain pour me rappeler aux bons souvenirs de la tendresse de l’amitié.
Te souviens-tu de Youssef ? Il avait juré par cette nuit, au clair de lune, dans les plis des dunes, que quoiqu’il arrive il serait toujours là pour moi. Il a tenu promesse et j’ai faillis à ce vœu. J’ai continué à l’aimer et j’ai fi de l’amitié.
Je l’ai revu. Je les ai revus, lui, elle et le petit bonhomme qui habille leurs jours de joie et de félicité.
C’est son premier anniversaire, le petit prince qui ressemble tant à son père et arbore fièrement les beaux yeux de sa mère. J’y étais conviée, comme l’était leur cercle très restreint d’amis proches.
Et je fus mesquine, pitoyable. Je me suis littéralement enfuie après les salamalecs de circonstance et les paroles de politesse. Je ne pouvais vaincre ce sentiment qui, s’emparant de moi subitement, m’incitait à fuir.
Je l’aime toujours. Je n’ai jamais voulu que du bonheur pour lui, même loin de moi, mais je ne pouvais m’empêcher de rêver quelques instants que cet enfant était le mien, que Youssef me prenait, à moi, le bras pour me guider parmi ses invités, que j’aurais pu être elle si cette nuit au clair de lune je n’avais pas été l’amie dévouée de Youssef.
Je le voyais partir, s’apprêtant à appartenir à une autre, appelant mon cœur à la rescousse, mes yeux noyés dans les larmes des adieux. Je me voyais l’aimer éperdument et le perdre à jamais. Et tu sais quoi ? Je n’ai rien fais…car elle aussi je l’aimais !
Cher journal, je ne pouvais t’infliger ma peine dans toute sa crudité. J’ai pris le temps de regretter, pleurer, me saouler, danser, me jeter dans le lit du premier venu...essayer de faire le deuil de mon défunt amour, avant de te dire ce soir, à toi seul, que j’ai toujours mal.

3 comments:

Farid said...

bonsoir chère Maha, cette absence a laissé un vide énorme dans ma vie. j'avais pour habitude, chaque jour, de lire tes ci beaux écrits, et là tu m'as fait le sale coup de partir sans prévenir, et de t'absenter pendant 5 jours. Je veux des excuses moi( n'oublie pas que je suis ton mec désormais).
En ce qui concerne nos défunts amours, ben on est presque tous passés par là, on aime, on se fait larguer ou pire on aime et on laisse filer notre bonheur entre nos mains alors que l'on ne devait jamais lacher l'affaire.
Moi aussi je suis passé par presque la même situation, elle m'a dit qu'elle partait et je ne l'ai pas retenue, non par amour mais par orgueil. mais après elle la vie m'a semblée bien meilleure j'avoue.
En ce qui te concerne, ton mal est un peu justifié, mais par contre, tu doit assumer. T'as pris une décision trop altruiste à mon goût, et tu ne devais pas le faire, car en amour particulièrement, on doit être égoïste, car sinon on finit par se casser la gueule.
Mais qu'est ce que tu veux, dans ce monde ça marche exactement comme ça, et l'on doit recevoir plusieurs claques pour se repentir une fois pour toute.

Fedwa said...

compassion :)

Anonymous said...

Hasards de l'Histoire, version 2030Un jeune homme agréable rencontre "entre les dunes" une jeune femme encore plus agréable. Ils ne se parlent ni d'amitié ni du temps qu'il fait. Dans leur regard, une question les taraude... Ils ont le sentiment de se connaître... A quoi bon recommencer ? Tandis que son père lui avait confié son amour d'antan encore si vivace, Elle se souvenait du regard de sa mère perdu au delà des murs... Et de son conseil : "Ma puce, ne bride aucun élan de ton coeur, suis la route qu'il t'indique, arrive à bon port, arrime toi au quai et laisse faire la marée..."